Jérôme Noirez
Little Nemo in Slumberland figure assurément parmi les œuvres les plus visionnaires des débuts de la bande dessinée américaine. La série culte de Winsor McCay débute par une parution hebdomadaire dans le New York Herald en 1905 avant de paraître six années plus tard dans le New York American sous le titre de Little Nemo in the Land of Wonderful dreams pour prendre fin en 1914. Cette œuvre rocambolesque nous plonge dans un univers onirique sans limites, Slumberland, vaste royaume des rêves, peuplé d’êtres étranges et fabuleux.

Little Nemo in Slumberland

Winsor McCay

Article réalisé par Margot Le Saëc

Vidéos
liens Internet

AUTEUR

Winsor McCay est un auteur de bande dessinée et un réalisateur de films d’animation étatusien. Né le 26 septembre 1871 —date à ce jour contestée — à Spring Lake, McCay est rapidement considéré comme l’un des plus grands dessinateurs de bandes dessinées. Nombreux sont ceux qui se réclament de son œuvre, à l’instar de Moebius, de Miyasaki ou encore de Frank Quitely. C’est naturellement Little Nemo in Slumberland qui lui permet de bénéficier d’une telle renommée. Mais pas que. L’auteur est également reconnu pour être l’un des pionniers du cinéma d’animation. En témoigne Gertie le dinosaure, première animation à mettre en scène un personnage unique doué d’une réelle empathie, personnage pour lequel les réalisateurs Walt Disney, Max Fleischer et Osamu Tezuka ne manqueront pas de s’inspirer. Très tôt, McCay se découvre un talent pour le dessin. Vers seize ans, il déploie ses qualités pour les perspectives architecturales dont nous retrouvons tout le génie dans la série Little Nemo in Slumberland. Sa carrière se poursuit comme peintre et décorateur. La virtuosité et l’ingéniosité qu’il déploie au fil de ces formats protéiformes ne manquent pas de séduire cette nouvelle clientèle. Suivent des caricatures et dessins de science-fiction, puis les séries Cauchemars de l’amateur de fondue au Chester et Little Nemo in Slumberland, lesquelles séries portent l’auteur au firmament de la discipline. Winsor McCay s’éteint le 26 juillet 1934, à la suite d’une hémorragie intracérébrale, alors âgé de 63 ans.

Little Nemo in Slumberland – Winsor McCay – © Winsor McCay et ayants droit, 2018

ŒUVRE

Little Nemo in Slumberland met en œuvre un royaume défiant les lois de la gravité et laissant place aux délires visuels les plus fous. Dans son sommeil, un petit garçon – Nemo – s’aventure au cœur de ces contrées merveilleuses, faisant la rencontre de personnages extraordinaires et vivant des situations inimaginables où la démesure le dispute à la folie. Chaque nuit, l’enfant est appelé à rejoindre ce territoire inconnu, mais à chaque aventure ce dernier finit par se réveiller en sursaut ou en tombant du lit. Fortement inspirées par l’Art nouveau, les planches abondamment illustrées sont d’une richesse graphique incomparable. Loin des cases sagement alignées, celles de Winsor McCay offrent un très grand format où le talent de l’artiste peut librement s’exprimer. La finesse du trait et l’éclatante mise en couleur, combinées à une composition graphique richement illustrée, font de chaque planche un véritable chef-d’œuvre. Perspectives folles, montgolfières, fusées artificielles, rampes d’escalier sans fin… l’imaginaire mis en place est avant tout un espace, un land – Slumberland –, lequel s’avère être la plupart du temps sens dessus dessous. L’espace figuré décline toute une myriade de lieux plus débridés les uns que les autres : des mégalopoles tentaculaires aux déserts rocailleux, en passant par une série de palais de glace, de forêts luxuriantes et de contrées en tout genre. Autant de territoires fantasques qui prennent naissance dans le royaume du roi Morphée. Usant tantôt d’effets photographiques et filmographiques (plongée, contre-plongée, zoom, travelling), tantôt de déformations diverses, Winsor McCay apparaît indiscutablement comme l’un des précurseurs de l’animation. Son graphisme, sa mise en couleurs, sa maîtrise de la perspective et son découpage des planches en séquences complexes témoignent en ce sens. Little Nemo in Slumberland peut qui plus est s’enorgueillir d’être la première bande dessinée faisant usage d’un traitement feuilletonesque.

Vidéos

Little Nemo (1911) Winsor McCay. silentfilmhouse.

Winsor McCay – Un artiste de rêve. LES PIÉRIDES Production.

Sites internet

By |2018-10-26T07:36:17+00:0026 octobre 2018|Categories: Galeries, Graphisme|Tags: , , , , , |Commentaires fermés sur Little Nemo in Slumberland, Winsor McCay
lefictionaute est un site consacré aux territoires de l’imaginaire. Il a pour objectif de mettre en avant les productions associées à la science-fiction, au fantastique et à la fantasy, sans omettre naturellement les riches domaines flirtant avec les limites du genre. Il vise à offrir aux internautes un appareil critique le plus généreux possible sur les principaux supports du genre. Notre ambition est d’offrir aux différents acteurs — auteurs comme éditeurs — la meilleure visibilité possible de leur travail et aux internautes la meilleure porte d’accès à la richesse de ces travaux.

© Copyright – | Responsable du site Franck BRÉNUGAT
Création Graphique Philippe ARZUR | Tous Droits Réservés | Contact : brenugat@mac.com