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Rencontre avec Andreas Eschbach

par Frank Brénugat4 octobre 2016

Visuel : Mikael Cabon et Andreas Eschbach, © Crédit photographique : Annecat, 2016

Dialogue avec Andreas Eschbach autour de son roman En panne sèche, prix « Bob Morane 2010″

En panne seche C’est au cours de cette fameuse agape qui eut lieu en ce mois de juin 2016 chez un de nos sympathisants de Mauvais Genres Rade de Brest en compagnie des sieurs Jean-Marc Ligny et Andreas Eschbach, réunis pour l’occasion autour de la thématique écologique organisée par les soins de cette forte recommandable association, que la tentation de questionner plus avant les intéressés sur cette question prit forme. Et c’est avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité qu’Andreas s’est prêté au jeu de cet innocent questionnaire portant sur En panne sèche, pépite d’anticipation disponible aux Éditions L’Atalante et couronnée du prix « Bob Morane 2010 ». En attendant notre interrogatoire concernant notre second larron. Qu’Andreas et toute l’équipée sauvage de « Mauvais Genres » en soient ici remerciés !

Chronique de En panne sèche

 

Frank Brénugat
 : En menant votre enquête sur les milieux pétroliers, afin de parfaire votre récit, quelle a été votre découverte la plus surprenante ?

Andreas Eschbach : La découverte que la plupart des informations dont j’avais besoin se trouvaient déjà sur mes étagères. Pour moi, c’est un peu symbolique pour notre situation en regard du pétrole : nous savons tous ce qui est en jeu, nous avons tous les informations nécessaires, mais nous préférons les ignorer.

Vous nous apprenez dans votre roman que l’OPEP ne publie plus l’état des stocks de pétrole depuis 1982. Comment expliquez-vous un tel silence ?

Andreas Eschbach : Il faut être plus précis : l’OPEP publie toujours des rapports — mais seulement sommairement. Il n’y a plus de données sur les champs individuels. Bon : pour quelle raison me direz-vous se décide-t-on à suivre une stratégie tellement suspecte ? On peut supposer qu’une publication exhaustive est probablement plus désavantageuse. Une façon de dire qu’on a quelque chose à cacher.

Votre récit met en avant des entreprises privées et des États-nations, tout entier affairé à leur modèle économique propétrole, faisant fi des considérations écologiques et économiques futures. Vous mettez également en parallèle des entrepreneurs privés soucieux d’apporter des solutions pour un lendemain moins désenchanteur, comme en témoigne le personnage de Markus Westermann à la fin de son aventure. Entre les différents acteurs politiques, quels sont ceux qui, aujourd’hui, vous paraissent apporter les meilleures réponses pour demain : les politiques publiques, les entreprises privées, les ONG ou encore les citoyens ? D’où viendra ce changement de paradigme ?

Voyons voir… Les politiciens suivent pour la plupart l’évolution tant bien que mal, mais ils ne façonnent pas beaucoup les choses. De plus, n’avons-nous pas tous l’impression que les hommes et femmes politiques d’aujourd’hui ne sont que des seconds couteaux, en matière d’intelligence et de caractère ? Les plus doués se méfient d’ailleurs d’entrer en politique… Les ONG sont quant à elles et à mon avis très souvent des bastions de certaines idéologies. Il n’est pas rare de les voir mentir consciemment pour atteindre l’attention publique. Elles-mêmes considèrent leurs mensonges comme étant justifiés par leurs bonnes intentions. Mais pour moi, les ONG ne constituent pas une base pour des changements véritables. Quant aux citoyens, ces derniers sont trop dispersés. Chacun d’entre eux a ses propres idées et valeurs, en plus d’être soumis à la propagande orchestrée par les médias. Une telle disparité forme un nuage dont les influences contraires et minuscules se neutralisent en fin de compte. Restent les entreprises privées, et avec elles, leurs inventions technologiques. Et quand on regarde l’histoire, on s’aperçoit que tous les changements de paradigmes sont parvenus par des inventions technologiques importantes, comme en témoignent la machine à vapeur, l’automobile, l’internet ou encore le téléphone portable. L’avenir se construit dans les laboratoires et les laboratoires les plus puissants se trouvent au sein des entreprises.

Quel regard portez-vous sur le pari fait actuellement concernant les énergies renouvelables ? Y voyez-vous une solution réelle au problème d’une incontournable pénurie d’or noir et au problème du réchauffement climatique, ou au contraire un effet d’annonce médiatique et politique qui ne saurait répondre à nos impératifs de changement ?

Andreas Eschbach : Il y a une chose qui est trop peu prise en compte à mon sens, à savoir la discussion autour des énergies renouvelables et le fait que le problème ne réside pas tant dans la production d’énergie des ressources renouvelables en soi que dans le stockage de cette énergie. Le soleil ne brille pas dans la nuit quand nous avons besoin de lumière ! Il ne suffit donc pas d’avoir des panneaux solaires, encore faut-il bénéficier d’un réservoir d’énergie qu’on peut utiliser à tout moment selon nos besoins. C’est là que réside pour alors notre problème et les efforts de recherche doivent être entrepris dans cette direction. Le succès de l’or noir réside dans le fait qu’il est à la fois source et réservoir d’énergie, ce qui le rend tellement pratique.

Si la fin du pétrole devait survenir brutalement, comme dans En panne sèche, serait-ce une malédiction ou plutôt une certaine bénédiction comme le laisse entrevoir les dernières pages du roman ?

Une fin brusque du pétrole serait sans doute une catastrophe faramineuse et sans précédent. Nous sommes capables de gérer des problèmes qui se développent lentement, mais si un quelconque changement d’importance s’opérait d’un jour à l’autre, il apporterait inévitablement son lot de souffrances pour beaucoup d’entre nous.

Au regard du succès rencontré par En panne sèche (Prix Bob Morane 2010), êtes-vous tenté dans un futur proche de récidiver avec un récit techno-thriller ou écologique ?

Andreas Eschbach : Ce serait là une bien sage décision sur le plan économique ! Mais ce n’est pas comme cela que mon imagination travaille… Je commence toujours avec une idée pour une histoire qui me fascine, puis je me laisse guider par cette idée. Je m’attèle ensuite aux sujets qu’il faut pénétrer pour être capable de donner corps à celle-ci. C’est la raison pour laquelle le sujet de mon prochain roman est toujours une surprise, à commencer pour moi-même !

 

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Sites Éditeur
En panne sèche Éditions L’Atalante
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Frank Brénugat
Diplômé d’un Master en philosophie, Frank Brénugat a été enseignant en Formation Humaine et Sociale dans les écoles ENSETA Bretagne (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées) et ISEN Brest (Institut Supérieur de l’Électronique et du Numérique). Il enseigne actuellement la philosophie dans l’établissement brestois du groupe scolaire Javouhey. Ancien Directeur de la rédaction du magazineParallèles, il se passionne pour les contrées associées aux domaines de l’imaginaire et voue un amour sans bornes à l’égard des voyages.
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