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Olympus Mons 02 - Opération Mainbrace
BD

Olympus Mons – Opération Mainbrace, Christophe Bec et Stefano Raffaele, Éditions Soleil

par 13 décembre 2017
Chronique réalisée par Lionel Gibert et Jean-Marc Saliou

 

Christophe Bec

Christophe Bec

Stefano Raffaele

Stefano Raffaele

Publié aux éditions Soleil en septembre dernier, Olympus Mons Opération Mainbrace nous emmène à la recherche des anomalies identifiées sur le mont Ararat, au fond de la mer Baltique et au sommet du mont Olympe sur Mars. Le scénariste Christophe Bec et le dessinateur Stefano Raffaele nous propulsent dans un récit de science-fiction aux frontières de notre réalité. Une menace imminente guette la Terre. Les anomalies révéleront les clefs du mystère.

 

Olympus Mons
Histoire

1013. En mer septentrionale, une flotte de drakkars vikings assiste, médusée, à un spectacle ahurissant. Quatre immenses vaisseaux surgissent du ciel, auréolés d’une lumière verte avant de disparaître aussi soudainement.

1937. Marta Kulgina, jeune fille aveugle et dotée de pouvoirs surnaturels, est sauvée par le docteur Vitali de la terreur stalinienne lors de la dissolution de la chambre noire.

2026. Sur Terre comme sur Mars, les équipes de spécialistes s’affairent pour percer les mystères des anomalies localisées sur le mont Olympe et dans les profondeurs de la mer baltique.

De son côté, le médium Aaron Goldwin nous met en garde par tous les moyens : « Il ne faut en aucun cas pénétrer dans le vaisseau extraterrestre. » L’avenir de la planète en dépend. Tourné en ridicule, ce dernier subit l’incrédulité, l’ironie et la méchanceté des médias qui y voient là une mascarade mercantile. Pour les équipes dépêchées par le gouvernement russe et l’OTAN, en revanche, les anomalies attisent leur convoitise. Sur Mars, au sommet du mont Olympe, les anomalies géologiques révèlent les vestiges d’un vaisseau extraterrestre. Les premières observations et un artefact récolté sur place montrent un lien entre ce vaisseau et l’objet qui gît au fond de la mer baltique. Les Russes prennent la main. À la suite des décès de ses deux compatriotes, la cosmonaute russe Elena Chevtchenko se retrouve livrée à elle-même sur cette planète.

De leur côté, dans la mer de Barents, l’équipe d’Ocean’s Pathfinder dirigée par Dan Henning s’apprête à explorer l’intérieur de l’objet, après avoir échappé fortuitement à une agression de plongeurs russes. Le vaisseau se réactive. Pour Aaron Goldwin, les visions se font de plus en plus nettes : il perçoit à l’intérieur de l’astronef des extraterrestres qui sortent de leur léthargie, juste avant l’intervention inopinée de plusieurs hommes. Afin de conserver leur avance, les Russes font appel à la rescapée de l’ancienne chambre noire. Médium hors pair, ses visions confirment les inquiétudes d’Aaron Goldwin : une catastrophe d’une ampleur biblique qui n’annonce rien de moins que la destruction de la Terre.

Loin des tumultes, l’expédition menée sur le mont Ararat arrive sur les lieux supposés de l’anomalie photographiée en 1949 avec l’espoir d’y confondre peut-être l’Arche de Noé. Grande déception, seule une étendue gelée s’étale devant eux. Elle repère pourtant, bien dissimulé sous la neige, un fragment qui émerge. Marx, un des membres de l’expédition en prélève un fragment. Mal lui en a pris : vomissant, son visage se couvrant de brulures, il finit par s’effondrer inconscient sous les regards atterrés de ses compagnons…

 

Lecture

Olympus Mons  Opération Mainbrace est le deuxième volet d’un thriller fantastique qui nous emmène à la recherche d’extraterrestres sur notre planète et sur Mars. Le scénario, mené sur un rythme soutenu, s’appuie sur deux faits réels. Le premier concerne l’équipe du sonar Ocean X qui découvrit en juin 2011 un objet mystérieux d’un diamètre d’environ 60 mètres au fond de la mer Baltique dans le golfe de Botnie, entre la Finlande et la Suède, lequel objet est connu sous le nom d’ »anomalie de la mer Baltique. » Le second fait évoque l’Opération Mainbrace. Titre de ce deuxième volet, cette dernière fait référence à un exercice naval de grande envergure réalisé par l’OTAN du 14 au 25 septembre 1952 dans une zone géographique comprise entre le Groenland, la Norvège et l’URSS. Ce déploiement de forces attisa les rumeurs, eu égard à plusieurs rapports déclassifiés évoquant des ovnis observés au-dessus de la zone d’opération.

À partir de ces événements, le scénariste Christophe Bec convoque notre imaginaire pour nous plonger dans les méandres des fonds marins et dans l’espace, deux vastes étendues encore inexplorées. Mystères, intrigues, peur d’autrui et dangers sont les principaux éléments de cette bande dessinée. Nous suivons en parallèle les récits de l’équipe d’Ocean’s Pathfinder, du gouvernement russe et de ses cosmonautes sur Mars, de l’expédition du mont Ararat et les tribulations d’Aaron Goldwin. Ces quatre récits s’entrecroisent, imposant une tension à l’histoire. À chaque changement narratif, les auteurs entretiennent le suspens en nous laissant dans l’expectative, jouant tantôt sur l’entremise d’une scène d’action inachevée tantôt sur celle d’une nouvelle interrogation. Nous laissons ainsi à la page 14 la cosmonaute russe Elena Chevtchenko, seule sur Mars, dont la réserve d’oxygène s’amenuise grandement, avec comme toile de fond la base qui nous semble bien loin. Une péripétie qui trouvera son dénouement deux pages plus loin. Entre temps, nous avons suivi l’expédition du mont Ararat que nous quittons non sans nous interroger sur le mystère de sa découverte.

Le découpage des planches de Stefano Raffaele propose un plan d’ensemble qui montre les personnages en situation, suivi par des plans rapprochés sur les personnages en action. Ces plans permettent de mieux percevoir l’expression du visage et le regard de ces derniers. Le lecteur est ainsi d’emblée placé au cœur de l’histoire. En témoigne la planche 15 se terminant par un gros plan du visage de Marx, lequel nous fixe et nous interpelle : « Hé les gars, fermez-la un peu ! Notre guide dit qu’on est sur place… » Stefano Raffaele utilise le procédé de l’ellipse pour renforcer la tension dramatique. Sur la planche 14, nous apercevons ainsi la cosmonaute russe Elena Chevtchenko regagner à pied la base russe sur un plan large qui occupe la moitié de la planche. Sur ce plan large, trois vignettes horizontales se détachent. Elles nous montrent la jauge de la réserve d’air qui se remplit alors que son scaphandre est relié à celui d’un de ses deux compagnons. L’image suivante s’attarde sur la visière de son casque nous indiquant le pourcentage d’air disponible : 100 %. Elle est sauvée ! Mais nous comprenons implicitement que ses deux camarades se sont sacrifiés pour cela. Raffaele nous montre les deux corps recouverts par une bâche d’abord, alternant plan large et plan rapproché. L’injustice, la peur et la solitude s’en trouvent renforcés sous cette vision à la première personne.

Le choix de la planète Mars s’avère par ailleurs judicieux. Cette planète rocailleuse aurait pu en effet abriter la vie, sous la forme d’êtres unicellulaires il y a quatre milliards d’années. Dans un avenir lointain, elle pourrait être une solution de repli pour l’humanité lorsque notre soleil, en fin de vie, deviendra une naine rouge. Le passé et l’avenir se rencontrent : nous entrons en pleine science-fiction.

Le dessin de Stefano Raffaele est réaliste, précis et froid. Son style rappelle celui de Christophe Bec. Grâce à un travail quasi photographique, notamment dans les décors de la planète Mars, Raffaele nous offre un dessin efficace, résultat de l’expérience acquise dans la création des comics. Le soin apporté aux décors naturels avec de nombreux traits précis et appuyés renforce l’aspect réel et nous plonge d’autant mieux dans l’histoire. C’est le cas pour cette représentation du mont Ararat qui occupe la moitié de la planche 16. Concernant l’expression des visages des protagonistes, il rend parfaitement compte de leurs émotions, renforçant de la sorte la dramaturgie de l’histoire. Il en résulte un style classique et rigoureux. La mise en couleur effectuée par Digikore Studios présente des fondus tout en nuances, notamment sur les personnages et certains décors naturels. Belle réalisation du mont Olympe en ce sens.

Dans le premier tome, les auteurs avaient jeté les bases d’une intrigue palpitante à la lecture aisée. Dans ce deuxième opus, l’intrigue nous tient en haleine, mais l’abondance de dialogues nuit parfois à la fluidité de l’histoire. De plus, les flash-back, trop nombreux, nous font perdre une certaine linéarité. Pour autant, cette bande dessinée à mi-chemin entre Rencontres du troisième type et Premier Contact nous donne franchement envie de continuer cette aventure concoctée par un duo bien rodé qui plus est.

 

 

 

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Olympus Mons – Bande Annonce – © Soleil, 2017
© Christophe Bec, Stefano Raffaele, 2017
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