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Laurent Durieux ou le retro-futurisme
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Illustrateurs

Laurent Durieux

par Frank Brénugat31 août 2015
Laurent Durieux

Laurent Durieux

Laurent Durieux, illustrateur et designer freelance belge, est devenu en quelques années un monument de la scène sérigraphique de la pop-culture. Il est l’un de ces rares artistes dont les travaux sont immédiatement reconnaissables entre tous. Ces prints témoignent de son amour inconditionnel pour cette dernière. Il exerce dans le domaine de la création d’affiches alternatives de cinéma, imprimées en sérigraphie, en tirage limité. Ses compositions aux allures retro-futuristes ont été rendues célèbres grâce à l’éditeur texan d’affiches de films Mondo. Il a par ailleurs été nommé comme étant l’un des 200 meilleurs illustrateurs du monde par le très influent magazine publicitaire international Lürzer’s Archive.

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L’Auteur

Durieux a grandi dans la ville de Waterloo, où l’Empereur français Napoléon Bonaparte est allé se battre en 1815. Il est le cadet (avec son frère jumeau) d’une progéniture comptant cinq frères et sœurs. Dès l’âge de six ans, il passe déjà la plupart de son temps à dessiner. Vers 11 ou 12 ans, il découvre son premier mentor, le dessinateur Jean Giraud, alias Moebius. « Jean Giraud et son alter ego, Moebius, ont eu un impact énorme sur ma vie d’illustrateur et c’est lui qui m’a donné envie de dessiner sérieusement » déclare ce dernier. Metal Hurlant et L’Incal ont ainsi fortement contribué à ce désir de production. « Arzach a eu une grande influence, à coup sûr, et Metal Hurlant était ma bible ». Durieux a eu plusieurs fois l’occasion de lui serrer la main, mais sa timidité lui interdit de poursuivre au-delà de ces échanges. Fortement marqué par le décès de Giraud en 2012, il se refuse encore aujourd’hui à entrer dans les librairies de bandes dessinées. En 1988, à l’âge de 18 ans, Durieux commence ses études supérieures à l’atelier de Communication Visuelle à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre (ENSAV), où il rencontre son deuxième mentor, Luc Van Malderen, dont le trait diffère en tout point avec celui de Giraud. Il retiendra de l’enseignement de ce dernier la leçon suivante : « Seul le résultat compte, peu importe la méthode employée ». Depuis 1994, il vit et travaille à Bruxelles comme graphiste et illustrateur freelance. En tant que directeur artistique indépendant, il travaille essentiellement pour l’édition jeunesse (Spirou et Dargaud) ainsi que pour la communication institutionnelle. Il découvre l’enseignement depuis 1998, dans une école privée de Bruxelles où il enseigne le dessin, le graphisme et la typographie. Il participe à plusieurs expositions collectives de nature très éclectique : Tribu Savignac (hommage à Raymond Savignac), Bibendum & Co (hommage aux mascottes publicitaires), Tati and Friends (hommage à Jacques Tati), L’Enlèvement d’Europe, pour ne citer que les principales. En 2004, ses travaux s’orientent vers un thème qui lui est cher : le retro-futurisme. Son travail consiste à réaliser des versions revisitées des affiches de cinéma, essentiellement hitchcokiennes et fantastiques dans un premier temps. C’est notamment grâce à l’éditeur texan d’affiches de films Mondo, installé à Austin, que les œuvres de Durieux se sont rapidement fait connaître, notamment au travers des titres Le Géant de Fer et King Kong, publiées en 2012. Le succès est fulgurant et la plupart des affiches sont rapidement épuisées. Séduit par l’affiche Les Dents de la mer (Jaws), le réalisateur Steven Spielberg en commande plusieurs, incitant de la sorte amateurs d’art et autres collectionneurs à s’engouffrer dans la brèche. Si Durieux ne manque pas d’être réceptif à l’intérêt porté par le réalisateur, il dénonce en revanche la spéculation de certains collectionneurs plus affairistes qu’amateurs. Détestant travailler seul, il s’est entouré de son frère jumeau, Jack, lequel conçoit le lettrage de nombreuses affiches et s’occupe de la communication à l’égard du public non-francophone.

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L’Œuvre

Au premier regard jeté sur les œuvres de Durieux, ce qui étonne d’emblée, c’est le gigantisme, les architectures cyclopéennes qui prennent corps dans les constructions retro-futuristes de l’auteur. En témoignent ainsi les icônes de grande taille que sont Bigfoot et King Kong. « J’ai toujours préféré les Séquoias aux bonsaïs » nous renseigne Durieux. Les thématiques revisitent les plus grands classiques du cinéma, hitchcockien comme fantastique. Ses univers visuels sont emprunts des œuvres de HG. Wells, Georges Méliès ou encore Jules Verne. Parmi ses sources d’inspiration figurent les publicités américaines des années 1930, 1940 et 1950, tout comme les couvertures du New Yorker et de Fortune Magazine de ces mêmes décades. Des illustrateurs comme Norman Rockwell et Edward Hopper contribuent également à cette paternité, sans omettre ses idoles de toujours, Moebius et François Schuiten. Ses personnages principaux sont souvent des monstres issus des grandes Majors du cinéma hollywoodien, lesquels ne sont jamais figurés comme des créatures diaboliques, viles et malsaines, effrayantes. Tout au contraire, ses monstres sont décrits comme des créatures sensibles, romantiques, voire sentimentales, davantage victimes que démons animés de vengeance. « La Momie est une histoire d’amour, non un film d’horreur » déclare l’intéressé. De même, Frankenstein offre une figure triste et tragique du « monstre », tandis que Dracula est manifestement pourvu d’un caractère romantique. Quant au Loup-Garou des films éponymes, il se positionne davantage comme figure victimaire que comme monstre effrayant. Durieux révèle en ce sens cette part d’humanité propre en chaque créature, probablement en opposition à cette part de monstruosité qui ne manque jamais d’habiter notre propre humanité. Sur le plan esthétique, les œuvres de Durieux décèlent une froideur toute conceptuelle qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre dessinateur et démiurge, à savoir François Schuiten, avec lequel il partage cette passion des architectures rétro. Elles offrent un subtil mélange d’archaïsme graphique (le futurisme) et de modernité (travail numérique). Son œuvre impressionne, tant par sa minutie, son sens de la couleur que par ses compositions remarquablement orchestrées. Elle manifeste d’une inventivité débordante qu’accompagne une sensibilité évidente, reconnaissable entre toutes. Ces revisitations d’affiches originales sont toujours surprenantes et bien senties, magnifiant souvent ces dernières par ailleurs. Concernant la technique, Durieux commence son travail par des croquis au crayon. « Une fois que je suis satisfait de l’idée générale, je commence à dessiner sur l’ordinateur », lequel lui permet d’obtenir les détails et nuances que seul le numérique autorise. Une fois le dessin achevé, il met en valeur les ombres, et plus important encore, il se débarrasse de tous les contours noirs. Travaillant à l’origine dans un style approchant celui de l’illustrateur américain Brian Cronin, il troque ainsi le pinceau pour la plume, bénéficiant d’un résultat plus graphique et plus fort. Ainsi, par la suppression de tout contour, il se détache de l’aspect visuel de la bande dessinée, afin d’offrir quelque chose de radicalement différent. Son travail est en outre décliné en deux versions, la regular et la variant, gardant toutes deux le même dessin mais offrant deux choix de couleurs différentes.

Sites internet

Sites Galeries
Mondo
Hero Complex Gallery
Acid Free Gallery
Bottleneck Gallery
Ford Crafts
Nautilus Art Prints

Sites Laurent Durieux
• Site Officiel Laurent Durieux (En)
• Facebook Laurent Durieux
• Store Retropolis Laurent Durieux (En)
• Flickr Laurent Durieux
• Entretien Laurent Durieux Collectors Weekly (En)
• Le Blog de Shige Laurent durieux
• 411 Posters Laurent Durieux

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Frank Brénugat
Diplômé d’un Master en philosophie, Frank Brénugat a été enseignant en Formation Humaine et Sociale dans les écoles ENSETA Bretagne (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées) et ISEN Brest (Institut Supérieur de l’Électronique et du Numérique). Il enseigne actuellement la philosophie dans l’établissement brestois du groupe scolaire Javouhey. Ancien Directeur de la rédaction du magazineParallèles, il se passionne pour les contrées associées aux domaines de l’imaginaire et voue un amour sans bornes à l’égard des voyages.
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