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Hannibal

Hannibal • David Slade

L’histoire du docteur Hannibal Lecter est née dans le roman Dragon rouge de Thomas Harris, publié en 1981, premier volet d’une tétralogie consacrée au même personnage. Les quatre romans seront par la suite adaptés au cinéma, et les aventures d’Hannibal le cannibale passionneront le public. Bryan Fuller développe à partir de 2011 Hannibal, série télévisée américaine diffusée par NBC. Deux ans plus tard, les premiers épisodes reçoivent un accueil positif, malgré la faible audience. Alors lumière sur cette série trop souvent méconnue au héros pourtant célèbre, lumière sur Hannibal.

 

 

Histoire

Une série de meurtres est perpétrée dans l’État du Minnesota. Les victimes ont des caractéristiques physiques similaires, et, malgré les efforts du FBI, l’identité de l’éventreur de Chesapeake, criminel multirécidiviste, reste inconnue. À la suite de cela, Jack Crawford, chef de la division des sciences comportementales, demande à Will Graham, professeur en criminologie au FBI, de reprendre du service. Au vu de son instabilité mentale, ce dernier s’était en effet vu refuser le poste d’agent spécial, suite à ses échecs aux tests psychologiques. Mais Will Graham possède un don, une empathie remarquable qui lui permettent de rentrer dans la tête du tueur et ainsi de décrypter les rouages d’un esprit psychopathe.

Le revers de la médaille est que Will Graham est une personne aux penchants sociopathes, éprouvant des difficultés à s’ancrer dans la réalité dès lors qu’il abuse de son don. Avant d’engager officiellement Will comme consultant, Jack Crawford demande donc conseil à l’ancienne psychiatre de celui-ci, le Docteur Alanna Bloom, qui le met en garde contre les dangers de l’exposition de son ex-patient aux scènes de crime ; mais face à l’insistance de Jack, le Docteur Bloom lui conseille les services de son ancien mentor et ami, le Docteur Hannibal Lecter. Will Graham se retrouve désormais confié au Docteur Lecter, psychiatre de renom et homme d’une intelligence remarquable. Mais l’homme est également psychopathe et accessoirement tueur en série, avec un goût prononcé pour le cannibalisme. Dès les premiers instants, Will repousse l’aide apparemment bienveillante du Docteur Hannibal Lecter, alors que celui-ci est intrigué par l’esprit incroyablement vif de Will Graham. S’instaure alors, sous les dehors de joutes verbales, un échange entre deux esprits de talent égal. La collaboration de Will et d’Hannibal au service du FBI aboutit à la découverte de l’identité de l’éventreur de Chesapeak. Poussé par le Docteur Lecter, Will intervient dans l’arrestation du tueur en série, qu’il se voit obligé d’abattre. L’acte de tuer déclenche une descente aux enfers pour Will, tandis qu’Hannibal ne cesse d’encourager sa folie.

Les meurtres et les enquêtes s’enchaînent alors, avec un Will Graham de plus en plus instable. Hannibal Lecter, quant à lui, continue ses expériences de manipulation sur son patient, oscillant entre compassion et curiosité malsaine. Grâce au soutien indéfectible du FBI, Hannibal Lecteur bénéficie d’une couverture idéale et perpétue, avec un souci du détail, meurtres et séances d’anthropophagie. Will Graham et toute l’équipe du FBI sont loin de se douter que le meurtrier qu’ils recherchent activement n’est autre qu’Hannibal Lecter lui-même. Au fur et à mesure des enquêtes, la manipulation exercée par Hannibal sur la personne de Will Graham finit par ne plus connaître de limites, allant ainsi jusqu’à sacrifier leur amitié. Et quand bien même Will essaye de rester à la surface et de se battre contre un ennemi plus proche qu’il ne le croit, les enquêtes et sa multiple exposition aux scènes de crime ne font que l’entraîner plus profondément dans les abîmes de la folie. Au fil des épisodes, on assiste ainsi aux affres d’un Hannibal Lecter, tiraillé entre son étrange lien avec Will Graham et son besoin de rester innocent aux yeux du monde.

Lecture

La série Hannibal, bien que s’appuyant sur les romans de Thomas Harris, n’apparaît nullement comme un vulgaire copier-coller des longs-métrages. En effet, la série possède sa propre histoire, ses propres intrigues, au même titre que ses propres forces et faiblesses.

Quand bien même certains événements sont grandement inspirés par les livres, la série reste une œuvre à part entière. Effectivement, l’ossature de la série repose sur le captivant Hannibal Lecter, mais à celui-ci s’ajoutent des personnages, qui, dans les œuvres originales, s’avèrent secondaires, tels Will Graham et Jack Crawford. Ces personnages sont, dans la série éponyme, avantageusement mis sur le devant de la scène, apportant une certaine matière et de nouveaux regards sur la situation, regards qui ne font qu’amplifier la psychopathie froide et calculatrice d’Hannibal. À cela s’ajoute la relation entre Will et Hannibal, laquelle s’avère troublante, ne correspondant nullement à l’image du cruel sociopathe que nous nous faisons du Docteur Lecter. Cette dernière apporte en effet un surcroît d’humanité au personnage et à la série, laquelle baigne dans une atmosphère plutôt sinistre. Par ailleurs, la rivalité entre Hannibal et Will ne manque pas de déstabiliser le spectateur, dans la mesure où la psychologie du personnage principal auquel nous nous identifions oscille constamment.

Le personnage d’Hannibal issu des longs métrages et celui interprété dans la série ont des comportements et des caractères distincts. Difficile, en effet, pour Mads Mikkelsen (La Chasse, Michael Kohlaas) de prétendre rivaliser avec la mythique interprétation à laquelle se livre Anthony Hopkins dans les trois premiers films. Cependant, quand bien même le visage de ce dernier s’impose à nous dès lors que mention est faite d’Hannibal Lecter, il n’en reste pas moins vrai que Mads Mikkelsen tire très bien son épingle du jeu. Celui-ci surprend par son interprétation réaliste et inédite, mais également par la dimension raffinée et hypnotisante qu’il a su insuffler au personnage pourtant bien connu du grand public. Hugh Dancy (Adam, Le Roi Arthur), interprétant Will Graham, n’est pas en reste non plus, en s’appropriant à merveille ce génie à la limite de l’autisme, en conflit avec son imagination débordante et son empathie étouffante. Jack Crawford, lui, est joué par Laurence Fishburne (Matrix, Apocalyspe Now, Man of Steel), acteur dont le talent n’est plus à prouver. Il interprète à merveille un responsable au sein du F.B.I. Ce personnage haut en couleur ne manque jamais de faire valoir son autorité, tout en faisant montre pareillement d’une dimension paternelle et bienveillante à l’encontre de son équipe.

Malgré ses qualités certaines, la série compte toutefois quelques points de disgrâce… Tout d’abord le rythme, qui peut sembler inadapté pour certains, dans la mesure où la trame principale est quelques fois délaissée pour laisser place à des enquêtes n’aboutissant que trop souvent sur des dénouements obsolètes. Les intrigues principales et secondaires s’entremêlent souvent et désorientent de la sorte le spectateur. La série semble alors s’orienter légèrement vers le thriller, nous imposant les incontournables scènes stéréotypées et autres conclusions hâtives parfois propres au genre. Nous pouvons attribuer cela au manque de parti pris de Bryan Fuller, créateur de la série, lequel a du mal à faire un choix définitif quant aux différents chemins que pourrait prendre la série. Se rajoute à cet écueil la pression des fans, dont le jugement, pour essentiel qu’il soit, vient participer à cette impression de confusion narrative.

Indépendamment de ces réserves, l’esthétisme, omniprésent, rend l’ensemble de la série réellement plaisante à voir. En effet, cette obsession du Beau s’avère l’un des piliers de la série, allant jusqu’à s’infiltrer dans les scènes de crime. Le cannibalisme d’Hannibal est ainsi mis en scène de façon théâtrale avec un réel souci du détail, mise en scène dont la beauté esthétisante fort séduisante procure à la dimension macabre de l’acte un envoûtement des plus complaisants. De plus, les propos des personnages sont divinement bien appuyés par les jeux de lumière et les effets de caméra. De même, les ambiances sont superbement retranscrites par une playlist musicale très bien choisie. Mention spéciale pour un thème en particulier : celui qui rappelle l’ambiance dissonante du Shining de Stanley Kubrick, auquel il est fait référence plusieurs fois.

Pour conclure, Hannibal se différencie bel et bien des films et des livres qui l’ont précédé, mettant en avant une indiscutable originalité au service d’un esthétisme de chaque instant. En dépit de ses quelques défauts, la série est incontestablement une réussite et nous absorbe sans retour dans un univers à la croisée des chemins entre folie et réalité. À voir d’urgence !

 

Sites internet

Sites Éditeurs
• NBC (EN)
NBC Hannibal (EN)

Sites Série Hannibal
Hannibal Série
Wikipedia
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Bande-annonce de la série (VO)
Notes
Notes du rédacteur
Notes des fictionautes
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Scénario
7.5
5.9
Réalisation
8.0
7.3
Interprétation
9.0
6.5
8.2
Notes du rédacteur
6.6
Notes des fictionautes
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