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Illustration Principale Amityville 3D 01

Amityville 3D, Richard Fleischer

par 17 juillet 2015

Richard Fleischer

Richard Fleischer

Dino De Laurentiis, producteur de renommée, choisit de réitérer l’exploitation d’Amityville, croyant s’offrir une nouvelle attraction commerciale. Paradoxalement, les années 80 offrent un retour aux sources pour des cinéastes d’antan, marquant un véritable déclin de l’industrie hollywoodienne. Parmi Michael Winner ou même John Lee Thompson se cache un illustre vétéran, ayant perdu de sa superbe, à savoir le sieur Richard Fleischer. Le réalisateur de Soleil vert arrive aux commandes de son second film en trois dimensions, trente ans après Arena, pour réaliser le troisième volet de la franchise Amityville. Basé sur un meurtre familial ayant réveillé le Malin dans sa supposée tanière, Amityville 3D débute avec une introduction étonnante, tombant malheureusement à plat. Entre déception et technologie faussement pertinente, cette commande de Fleischer reste intrigante, prouvant que le cinéma horrifique ne peut guère évoluer sans réelle volonté.

 

Histoire

Après avoir démasqué de faux médiums avec sa collègue Melanie dans la célèbre maison d’Amityville, John Baxter décide d’acheter la maison par l’intermédiaire de Clifford Sanders, agent immobilier. Lors de la préparation de la maison pour le nouvel habitant, Clifford découvre des traces près du grenier. Il est enfermé dans la pièce, où un essaim de mouches l’attaque et le tue. John croit cependant qu’il est mort d’un accident vasculaire cérébral, alors que Melanie lui montre quelques photos de l’agent immobilier qui le représentent comme un cadavre en décomposition.

Lorsque John termine son travail journalistique, il manque de mourir dans un ascenseur en panne, ce dernier projetant le journaliste en l’air. Simultanément, Melanie constate des phénomènes incongrus dans la maison de John. Elle est retrouvée plus tard dans la nuit par John, recroquevillée et hystérique. Elle tente de convaincre John qu’un mal réside dans son nouveau domaine, mais ce dernier ne souhaite guère parler de cela. Plus tard, tout en regardant des agrandissements de photos de l’agent immobilier, Melanie découvre un visage démoniaque dans les images. Alors qu’elle tente de montrer les photos à John, elle est tuée dans un accident de voiture. La mort de Melanie est jugée accidentelle par tous, y compris John, qui reste inconscient du mal existant.

Alors que John est absent, sa fille Susan et son amie Lisa, ainsi que deux petits amis, utilisent une planche Ouija dans le grenier. Le jeu leur informe que Susan est en danger. Pour passer le temps, le groupe se rend dans le bateau du paternel. La mère de Susan, Nancy, voulant voir sa fille, est surprise de voir cette dernière, complètement mouillée, silencieuse dans les escaliers. À l’extérieur de la maison, John trouve les amis de Susan rapportant le corps de celle-ci sans vie de la rive. Nancy subit une dépression nerveuse et, croyant Susan vivante, refuse de partir, même pour les funérailles de sa fille.

Tourmenté par des cauchemars au sujet du sous-sol et par son impuissance à affronter les illusions de Nancy autour de leur fille, John permet à son ami le docteur Elliot West et à son équipe d’enquêteurs paranormaux, de venir dans la maison pour prouver si Nancy a vu quelque chose. Elliot et John constatent que Nancy est confrontée à un fantôme parlant avec la voix de Susan. Nancy suit ce spectre dans le sous-sol, où le vieux puits commence à déborder. Croyant pouvoir redonner la vie à Susan, Elliot hurle au fantôme de se révéler et de restaurer Susan parmi les mortels. Au lieu de cela, un démon sort et brûle le visage d’Elliot avec du feu et le traîne en enfer, tout en hurlant à Susan de partir. La maison commence à exploser suite au réveil du Malin. La majorité de l’équipe d’Elliot meurt à la suite de l’explosion et aux diverses projections du mobilier, mais John, Nancy et quelques autres parviennent à s’échapper grâce à une fenêtre. Lorsque les deux parents quittent la demeure, une substance étrange semble s’extirper des flammes, envahissant les ruines de la maison.

Lecture

Quelle étrangeté que ce petit film ! À croire que l’on ne peut se préparer à voir de telles productions, datant désormais d’une trentaine d’années… Et pourtant… On semble voir le même film chaque année. J’ai beaucoup pensé à Conjuring de James Wan dans la seconde partie de ce film, avec l’étude « poussée » dans l’intérieur de la maison. Le film semble être ambitieux, comme le prouve la présence du vétéran Fleischer à la mise en scène, mais il peine à offrir un certain intérêt. Pire, l’objet ne subjugue guère le spectateur, le laissant de marbre face aux événements qui se déroulent. Étonnamment, on ne peut guère s’étonner de cet avis, puisque l’on ressent une trop grande sensation de déjà-vu. On le sait très bien que les films d’horreur actuels ont pillé les grands « sacrés » des années 80, voire des années 70, mais le constat est déstabilisant pour le jeune spectateur que je suis. Peut-on être surpris par ce film quand on ne possède aucune culture du film horrifique ? Doit-on se sentir fin connaisseur en critiquant les clichés que véhiculent celui-ci ?

Nous plongeons dans une aventure étrange, avec un message très clair de la part de Fleischer dès le début. La scène de l’introduction a le mérite d’interloquer, de poser des questions autour du mythe de cette affaire d’Amityville. Derrière la supercherie du couple, on retrouve une critique de Fleischer : celle qui nous invite à nous méfier de n’importe qui, même lorsque l’on est un vieillard… Il aurait fallu appliquer cela au pied de la lettre. Tout est à parier que Fleischer, vieillissant lui aussi, commençait une descente dans les abysses de l’horreur. John Baxter, ayant réussi à dénicher ce sale coup, achète la maison d’Amityville au proprio, mais ce dernier décède peu après. Le parallèle avec l’histoire de la famille Lutz, dans la « vraie » vie, où une personne se faisait attaquer pour une cohorte de mouches, prouve que l’on continue de faire affaire avec cette supercherie qu’est Amityville… Et cela en devient vite fatiguant. La question n’est point de débattre de la valeur paranormale qu’émanerait de cette affaire foutraque de meurtres, mais l’on peut se poser des questions face à ce traitement commercial. Montrer le proprio se faire tuer par des mouches, c’est bien beau, mais quel intérêt ? Rien n’obligeait le scénariste à user d’une corde aussi ridicule pour amener à bien une trame narrative guère intéressante… Ainsi, la question du scénario interpelle. On nous promet un scénario original, mais nous ne faisons que voir une succession des affaires concernant Amityville. Il faut reprocher cela à Fleischer. Le réalisateur souhaite en effet, devant toute autre considération, se consacrer à expérimenter le format 3D, n’accordant finalement que bien peu d’importance à une mise en scène que l’on qualifiera de grotesque et grossière.

Avoir peur devant l’imaginaire est légitime : on ne peut qu’être décontenancé devant le vide, devant un phénomène inexplicable, devant un obstacle qui nous semble impossible à contrer, mais avoir peur devant le ridicule, est-ce légitime ? Je peux comprendre que l’on puisse être effrayé devant quelques scènes, puisque l’on voit l’apparition de « screamers » repoussants. Pourtant, ce genre d’utilisation semble être monnaie courante dans le cinéma horrifique d’aujourd’hui. On ne peut dès lors être raisonnablement surpris à l’écran face à Amityville 3D et son cortège d’ignominies. Fleischer devait vraiment être en baroud d’honneur pour accepter une telle production… Par ailleurs, que vient faire la 3D dans cette galère ? Certes, visionner le film sans celle-ci peut poser problème, mais cette dernière ne sert strictement à rien ! Le générique peut être la seule explication de son intérêt, avec des ombres étranges dont seul Fleischer voyait l’intérêt ! Après, je dois dire que cela participe à l’ambiance « efficace » de ce début de film, mais rien de plus ! Le néant ! La balourdise technique du film entraîne un harakiri involontaire de Fleischer, lequel détruit sa bête lui-même. Parallèlement, l’interprétation est qui plus est nuisible au film, offrant un condensé des maladresses à éviter dans ces productions. Entre un personnage principal absent et une troupe de femmes artificielles, on reste ébahi devant un casting aussi ridicule. La scène du jeu entre les quatre adolescents est effarante par la même occasion ! Mais que fait Fleischer ! Réveille-toi mon vieux !

Parler de film d’épouvante ou de film d’horreur me contrarie, il se trouve que le film ne correspond pas vraiment à ces critères. Je qualifie davantage cette pauvre commande comme relevant d’un pur film fantastique, ne flirtant que très peu vers l’horreur malsaine, mais sachant toutefois apporter certains moments pesants, au sens technique comme émotionnel. Qualifier ce film de navet serait délicat, en raison de son facteur « expérimental ». Fleischer voulait toucher à la 3D et souhaitait véritablement voir par la même occasion les possibilités et les difficultés de cette dernière. En voulant jouer avec la 3D, Fleischer ne fait qu’attester un déficit de qualité, titrant paradoxalement son film en français par « Le Démon ». Mais ne serait-ce pas justement la 3D ce démon ?

Sites internet

Sites Éditeurs
• MGM Amityville 3D (En)
• MGM (En)

Sites Amityville 3D
• Wikipedia Amityville 3D
• IMDb Amityville 3D (En)
• Facebook Amityville 3D

Sites Richard Fleischer
• Wikipedia Richard Fleischer
• Cineclubdecaen Richard Fleischer
• Facebook Richard Fleischer

Site Amaury Dautheville
• Sens Critique

 

Bande-annonce du film
Notes
Notes du rédacteur
Notes des fictionautes
Votre évaluation
Scénario
3.0
2.8
Réalisation
4.0
2.7
Interprétation
3.5
2.1
3.5
Notes du rédacteur
2.5
Notes des fictionautes
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